"La pierre est éternelle," dit-on souvent, mais même les matériaux les plus robustes peuvent succomber au temps et aux contraintes. Les fissures dans les murs en pierre sont un problème courant dans l' immobilier ancien , qui peut susciter de l'inquiétude chez les propriétaires. Comprendre pourquoi ces fissures apparaissent et comment les traiter est essentiel pour préserver l'intégrité de votre bâtiment, qu'il s'agisse d'une maison en pierre ou d'un bâtiment historique . Il est important de déterminer si une fissure est simplement une question d'esthétique ou si elle révèle un problème structurel plus profond, affectant potentiellement la valeur de votre bien immobilier .
Un diagnostic précis, suivi de réparations appropriées , garantit la pérennité de votre bien et évite des dépenses importantes à long terme. Cet article vous guidera à travers les causes possibles des fissures, les méthodes de diagnostic utilisées par les experts en bâtiment et les options de réparation disponibles, en mettant l'accent sur les techniques de restauration de murs en pierre . La solidité des murs en pierre est primordiale pour la sécurité et la valeur de votre patrimoine immobilier .
Comprendre les causes des fissures dans un mur en pierre
Les fissures dans un mur en pierre peuvent résulter d'une multitude de facteurs, allant de problèmes liés au sol et aux fondations à des défauts de construction ou à des contraintes environnementales. Identifier la cause première est crucial pour choisir la méthode de réparation la plus efficace et prévenir la réapparition des fissures, assurant ainsi la longévité de votre construction en pierre et la stabilité de votre investissement immobilier . La présence de fissures murales peut signaler des problèmes structurels sous-jacents.
Causes liées au sol et aux fondations
Le sol sur lequel repose un bâtiment exerce une influence considérable sur sa stabilité. Les mouvements du sol, les variations d'humidité et les problèmes de drainage peuvent tous contribuer à l'apparition de fissures dans les murs en pierre . Il est donc impératif d'examiner attentivement les fondations et leur environnement pour détecter tout signe de faiblesse structurelle. Une fondation saine est essentielle pour prévenir les problèmes de fissures .
Tassements différentiels
Les tassements différentiels se produisent lorsque différentes parties d'un bâtiment s'affaissent à des vitesses différentes. Cela crée des tensions dans la structure, conduisant à la formation de fissures , souvent en escalier ou obliques. Le sol argileux, par exemple, est particulièrement sensible aux variations de volume en fonction de son niveau d'humidité, ce qui peut provoquer des mouvements importants du sol et des dommages aux murs en pierre . Des variations de charge sur différentes parties de la fondation, comme par exemple suite à une extension, sont également des causes fréquentes. L'activité sismique, même de faible intensité, peut également provoquer des mouvements de terrain imperceptibles à l'œil nu, mais suffisants pour induire des contraintes et des fissures apparentes .
- Nature du sol (argileux, sableux, limoneux, etc.)
- Présence d'eau et problèmes de drainage souterrain
- Modifications du terrain environnant (terrassement, construction voisine)
- Activité sismique (échelle de Richter, zones à risque)
En France, certaines régions sont plus exposées aux tassements différentiels en raison de la nature de leur sous-sol. On estime que plus de 50% des maisons individuelles construites sur un sol argileux présentent des fissures dues à la sécheresse et à la réhydratation des sols, un phénomène amplifié par le changement climatique. Dans les régions touchées par la sécheresse, le coût moyen des réparations liées aux fissures de sécheresse se situe entre 3 000 et 15 000 euros. La surveillance des fissures est donc essentielle.
- Analyse des sols : Déterminer la composition du sol et sa capacité à supporter le poids de la structure.
- Etude géotechnique : Réaliser une étude complète pour évaluer les risques de tassement.
Problèmes de drainage
Un drainage inadéquat autour des fondations peut entraîner une accumulation d'humidité, fragilisant le sol et exerçant une pression hydrostatique sur les murs. Cette pression peut provoquer des fissures , voire un effondrement partiel du mur. Une humidité constante affaiblit le mortier et favorise le développement de mousses et de lichens, accélérant la dégradation de la pierre. Un sol saturé en eau peut également geler en hiver, augmentant son volume d'environ 9% et exerçant une force destructrice sur les fondations. La présence d'humidité peut également entraîner le développement de moisissures, affectant la qualité de l'air intérieur.
L'absence de gouttières ou un système de drainage obstrué sont des causes fréquentes de problèmes d'humidité. Une maison construite en contrebas d'une pente peut également être plus vulnérable à l'accumulation d'eau. Il est crucial de vérifier régulièrement l'état du système de drainage, en particulier après de fortes pluies, et de s'assurer qu'il fonctionne correctement. Le coût de l'installation d'un système de drainage performant varie entre 1 000 et 5 000 euros.
- Inspection des gouttières : Vérifier l'état et la propreté des gouttières.
- Test de perméabilité des sols : Evaluer la capacité du sol à absorber l'eau.
Causes liées à la construction et aux matériaux
La qualité des matériaux utilisés et les techniques de construction employées jouent un rôle déterminant dans la durabilité d'un mur en pierre . Des matériaux inadaptés, une mauvaise mise en œuvre ou des modifications structurelles peuvent compromettre la stabilité du mur et entraîner l'apparition de fissures. Le choix des matériaux de construction doit être adapté aux conditions climatiques et aux caractéristiques du sol. L' expertise d'un maçon qualifié est essentielle.
Qualité de la pierre et du mortier
L'utilisation de pierres de mauvaise qualité, poreuses ou présentant des défauts internes, peut les rendre plus susceptibles de se fissurer. De même, un mortier inadapté, trop dur ou trop friable, peut créer des tensions au sein du mur et favoriser l'apparition de fissures . L'incompatibilité entre la pierre et le mortier en termes de dilatation thermique peut également être une cause importante de fissures. Le mortier à base de ciment, par exemple, est moins flexible que la chaux et peut se fissurer en raison des mouvements naturels de la pierre. Un mortier trop riche en ciment peut également empêcher la pierre de "respirer", favorisant l'accumulation d'humidité à l'intérieur du mur.
- Utilisation de matériaux inadaptés ou de mauvaise qualité (pierre gélive, mortier friable)
- Incompatibilité entre la pierre et le mortier (dilatation thermique différente, perméabilité)
Dans une construction datant du XVIIIe siècle, on observe souvent l'utilisation de mortiers à la chaux. Ces mortiers, plus souples, s'adaptent mieux aux mouvements de la structure et permettent une meilleure évacuation de l'humidité. La résistance à la compression d'un mortier de chaux se situe généralement entre 2 et 5 MPa, contre 10 à 50 MPa pour un mortier de ciment. L'utilisation d'un mortier de chaux nécessite un savoir-faire spécifique et un temps de séchage plus long. Le coût d'un mortier de chaux est généralement supérieur de 15 à 20% à celui d'un mortier de ciment.
- Analyse du mortier : Déterminer la composition du mortier existant pour choisir un mortier de remplacement compatible.
- Choix des matériaux : Sélectionner des pierres et des mortiers adaptés aux conditions locales et aux normes en vigueur.
Défauts de construction
Une mauvaise assise des pierres, des joints mal réalisés ou l'absence de chaînage peuvent affaiblir la structure du mur et le rendre plus vulnérable aux fissures . Les modifications structurelles, telles que l'ouverture de trémies ou la suppression de murs porteurs, peuvent également déséquilibrer la structure et entraîner des fissures importantes. Le non respect des règles de l'art lors de la construction est une cause fréquente de problèmes structurels, en particulier dans les constructions anciennes. Une mauvaise répartition des charges peut également provoquer des fissures horizontales .
- Mauvaise assise des pierres, joints mal réalisés, absence de chaînage horizontal et vertical
- Modification de la structure (ouverture de trémies, suppression de murs porteurs sans renforcement adéquat)
L'absence de chaînage horizontal, en particulier aux niveaux des planchers, est un défaut de construction fréquent dans les maisons en pierre anciennes . Le chaînage permet de répartir les charges et de limiter les déformations du mur. L'ouverture d'une trémie sans renforcement adéquat peut entraîner une diminution de la rigidité du mur d'environ 30%. Le coût de la pose d'un chaînage horizontal varie entre 50 et 150 euros par mètre linéaire.
- Vérification du chaînage : S'assurer de la présence et de l'état du chaînage horizontal et vertical.
- Calcul de la répartition des charges : Evaluer la capacité du mur à supporter les charges.
Vieillissement naturel des matériaux
Au fil du temps, la pierre et le mortier se dégradent naturellement sous l'effet des intempéries, du gel/dégel, de la pluie acide et de la pollution. L'érosion de la pierre peut entraîner l'apparition de fissures , tandis que la désagrégation du mortier affaiblit la cohésion du mur. Les cycles de gel et de dégel, en particulier, exercent une forte pression sur les matériaux poreux, entraînant leur fragmentation progressive. La réparation des fissures devient alors indispensable.
Dans les régions exposées à la pollution atmosphérique, la pluie acide peut accélérer la dégradation de la pierre calcaire. Les particules de pollution se déposent sur la pierre et réagissent avec le calcaire, formant du gypse, un matériau plus soluble et plus facilement érodable. Le gypse se dissout progressivement sous l'effet de la pluie, entraînant une perte de matière et l'apparition de fissures et d'écailles .
- Examen des pierres : Détecter les signes d'érosion et de dégradation.
- Analyse des joints : Evaluer l'état du mortier et sa capacité à assurer la cohésion du mur.
Causes liées à des contraintes externes
Les murs en pierre peuvent également être affectés par des contraintes externes, telles que les vibrations, les mouvements de terrain ou les actions climatiques extrêmes. Ces contraintes peuvent exercer des forces importantes sur la structure et provoquer l'apparition de fissures. La résistance aux contraintes est un facteur clé de la durabilité des murs en pierre.
Vibrations
La proximité d'une route à forte circulation, d'une voie ferrée ou d'un chantier de construction peut générer des vibrations qui se propagent dans le sol et affectent la stabilité des murs en pierre . Ces vibrations peuvent provoquer des micro-fissures qui, à terme, s'élargissent et deviennent visibles, compromettant l'intégrité du mur. L'intensité des vibrations dépend de la distance par rapport à la source, de la nature du sol et de la fréquence des vibrations.
Il a été constaté que le passage régulier de camions lourds à proximité d'un bâtiment ancien peut augmenter la largeur des fissures existantes de 0,1 à 0,5 mm par an, selon une étude menée par l'Institut des Géosciences de l'Environnement (IGE). L'installation de dispositifs anti-vibrations peut réduire l'impact des vibrations sur la structure.
- Mesure des vibrations : Evaluer l'intensité des vibrations à proximité du bâtiment.
- Etude de l'impact des vibrations : Déterminer l'influence des vibrations sur la stabilité du mur.
Mouvements de terrain
Les glissements de terrain et les affaissements miniers peuvent exercer des forces importantes sur les murs en pierre et provoquer des fissures , voire un effondrement partiel. Ces mouvements de terrain peuvent être causés par des facteurs naturels, tels que des fortes pluies ou des séismes, ou par des activités humaines, telles que l'exploitation minière ou les travaux de terrassement importants. Les murs de soutènement peuvent également être affectés par les mouvements de terrain.
Dans les zones minières, les affaissements de terrain peuvent atteindre plusieurs mètres, entraînant des déformations importantes des murs . La réalisation d'études géotechniques est indispensable avant toute construction dans ces zones à risque.
- Analyse de la stabilité du terrain : Evaluer les risques de glissement de terrain et d'affaissement minier.
- Mise en place de mesures de stabilisation : Renforcer le terrain pour prévenir les mouvements.
Actions climatiques extrêmes
Les sécheresses prolongées peuvent provoquer le retrait des sols argileux, entraînant des tassements différentiels et des fissures dans les murs . Les inondations peuvent fragiliser les fondations et endommager les murs. Les tempêtes peuvent exercer une forte pression sur les murs et provoquer des fissures, voire un effondrement partiel. Les régions avec des hivers rigoureux sont particulièrement à risque en raison des cycles de gel et de dégel. La protection contre les intempéries est essentielle pour préserver les murs en pierre.
Une sécheresse prolongée de plus de 6 mois peut entraîner un retrait du sol argileux de plusieurs centimètres, exerçant une pression considérable sur les fondations. Les régions les plus touchées par la sécheresse en France sont le Sud-Ouest, le Centre et le Bassin Parisien. En 2022, le coût des dommages liés à la sécheresse en France a dépassé 2 milliards d'euros.
- Suivi des conditions climatiques : Surveiller les variations de température et d'humidité.
- Mise en place de mesures de protection : Imperméabiliser les murs et renforcer les fondations.
Diagnostic des fissures : identifier la gravité et les causes
Une fois les fissures détectées, il est crucial de procéder à un diagnostic précis pour évaluer leur gravité et identifier leurs causes. Un diagnostic précis permettra de déterminer le type de réparation le plus approprié et d'éviter des problèmes plus importants à long terme, assurant ainsi la pérennité de votre bien immobilier et la sécurité de ses occupants. Le diagnostic des fissures est une étape essentielle dans la rénovation des murs en pierre .
Typologie des fissures
La forme, l'emplacement et la taille des fissures peuvent fournir des informations précieuses sur leur origine et leur gravité. Il est donc important d'observer attentivement les fissures et de noter leurs caractéristiques afin d'établir un diagnostic précis et de choisir la méthode de réparation la plus adaptée. La typologie des fissures permet de classer les fissures en fonction de leurs caractéristiques.
Description des différents types de fissures
Les fissures peuvent être verticales, horizontales, obliques, en escalier, fines (moins de 0,2 mm), larges (plus de 2 mm), traversantes (passant à travers le mur) ou non traversantes. Chaque type de fissure est associé à des causes potentielles spécifiques. Une fissure verticale peut indiquer un tassement du sol, tandis qu'une fissure horizontale peut être due à une poussée des terres. Les fissures en escalier sont souvent le signe de tassements différentiels des fondations.
- Fissures verticales (tassement du sol, retrait du sol argileux)
- Fissures horizontales (poussée des terres, défaut de construction)
- Fissures obliques (mouvements de terrain, contraintes structurelles)
- Fissures en escalier (tassements différentiels des fondations)
- Fissures fines (moins de 0,2 mm, souvent superficielles)
- Fissures larges (plus de 2 mm, nécessitent une intervention rapide)
- Fissures traversantes (passent à travers le mur, risque d'infiltration d'eau)
- Fissures non traversantes (superficielles, ne traversent pas le mur)
- Utilisation d'une échelle de mesure : Classer la largeur des fissures selon une échelle standardisée.
- Photographie des fissures : Documenter l'évolution des fissures au fil du temps.
Interprétation de la forme et de l'emplacement
L'emplacement d'une fissure peut également donner des indices sur sa cause. Une fissure située près d'une ouverture (porte, fenêtre) peut indiquer un problème de répartition des charges. Une fissure en escalier est souvent le signe d'un tassement différentiel des fondations. Les fissures situées près des angles des murs peuvent indiquer des contraintes structurelles. L' analyse de l'emplacement des fissures est une étape cruciale du diagnostic.
Une fissure qui s'élargit avec le temps est généralement plus préoccupante qu'une fissure stable. Il est donc important de surveiller l'évolution des fissures et de noter tout changement à l'aide d'un carnet de suivi ou d'un logiciel de gestion des bâtiments. La surveillance des fissures permet de détecter les problèmes structurels avant qu'ils ne s'aggravent.
Méthodes d'observation et de mesure
Un examen visuel attentif est la première étape du diagnostic . Il est essentiel de noter la position, la forme, la largeur, la profondeur, la longueur, l'orientation et l'évolution des fissures . La recherche d'autres signes de dégradation, tels que la déformation du mur, la présence d'humidité ou l'effondrement partiel, est également importante. L'utilisation de matériel de mesure approprié permet d'obtenir des données objectives sur l'état des murs.
Observation visuelle attentive
L'observation visuelle attentive permet de détecter les fissures et d'évaluer leur état général. Il est important de noter tous les détails pertinents, tels que la couleur, la texture et la présence d'efflorescences (dépôts salins). L'utilisation d'un appareil photo avec une bonne résolution permet de documenter l'état des fissures et de suivre leur évolution au fil du temps. La qualité de l'observation visuelle est essentielle pour un diagnostic précis.
- Position, forme, largeur, profondeur, longueur, orientation et évolution des fissures (date et heure de chaque observation)
- Recherche d'autres signes de dégradation (déformation du mur, présence d'humidité, effondrement partiel, présence de moisissures)
- Utilisation d'un éclairage adéquat : S'assurer d'une bonne visibilité pour détecter les fissures les plus fines.
- Utilisation d'une loupe : Examiner attentivement les fissures pour repérer les détails importants.
Utilisation d'outils de mesure
Pour mesurer précisément la largeur et l'évolution des fissures, il est possible d'utiliser un fissuromètre. Cet outil permet de mesurer les mouvements des fissures avec une grande précision (jusqu'au dixième de millimètre). Un niveau permet de vérifier l'horizontalité et la verticalité du mur, tandis qu'un fil à plomb permet de détecter les déformations. Un humidimètre permet de mesurer le taux d'humidité dans la pierre et le mortier. Un inclinomètre peut être utilisé pour mesurer les inclinaisons des murs.
Le fissuromètre est un outil indispensable pour surveiller l'évolution des fissures et déterminer si elles sont actives ou stabilisées. Il existe des fissuromètres manuels et des fissuromètres électroniques. Les fissuromètres électroniques permettent de mesurer et d'enregistrer les mouvements des fissures en continu. Le coût d'un fissuromètre manuel se situe entre 50 et 200 euros, tandis que le coût d'un fissuromètre électronique peut dépasser 1000 euros.
- Calibrage des outils : S'assurer de la précision des mesures en calibrant régulièrement les outils.
- Documentation des mesures : Enregistrer les mesures dans un carnet de suivi ou un logiciel de gestion des bâtiments.
Techniques d'investigation plus poussées (si nécessaire)
Dans certains cas, des investigations plus poussées peuvent être nécessaires pour identifier la cause des fissures . Des essais de sol permettent de déterminer la nature du sol et sa capacité portante. Une inspection vidéo des canalisations permet de détecter les fuites d'eau. La thermographie permet d'identifier les ponts thermiques et les zones d'humidité. L'auscultation des fondations permet d'évaluer leur état.
- Essais de sol (analyse de la composition du sol, test de portance)
- Inspection vidéo des canalisations (recherche de fuites d'eau)
- Thermographie (détection des ponts thermiques et des zones d'humidité)
- Radar de sol : Cartographier le sous-sol pour détecter les anomalies.
- Carottage des murs : Prélever des échantillons de pierre et de mortier pour analyse en laboratoire.
Faire appel à un professionnel
Il est fortement recommandé de consulter un expert en bâtiment, un architecte ou un maçon spécialisé dans la restauration du patrimoine bâti pour réaliser un diagnostic précis et proposer des solutions de réparation adaptées. Ces professionnels possèdent l'expertise et l'expérience nécessaires pour identifier les causes des fissures et évaluer leur gravité, en tenant compte des spécificités des murs en pierre . Le coût d'un diagnostic réalisé par un professionnel varie entre 500 et 2000 euros, en fonction de la complexité du problème.
Un expert en bâtiment peut également vous aider à obtenir les autorisations nécessaires pour réaliser les travaux de réparation, en particulier dans le cas de bâtiments classés ou situés dans des zones protégées. Le recours à un professionnel qualifié permet de garantir la qualité des travaux et le respect des règles de l'art.
Réparations possibles : choisir la solution adaptée
Le choix de la méthode de réparation des fissures dépend de la cause et de la gravité des fissures . Les réparations peuvent aller du simple rejointoiement au renforcement des fondations ou à la reconstruction partielle du mur. Il est important de choisir une solution adaptée au problème et de faire appel à des professionnels qualifiés pour réaliser les travaux, en respectant les techniques traditionnelles de restauration des murs en pierre .
Réparations mineures (fissures non structurelles)
Les fissures non structurelles sont généralement superficielles et ne mettent pas en danger la stabilité du bâtiment. Elles peuvent être réparées par des techniques simples, telles que le nettoyage et la préparation de la surface, le rejointoiement avec un mortier adapté et l'application d'un enduit de finition. Ces réparations mineures permettent d'améliorer l'aspect esthétique du mur et de prévenir l'infiltration d'eau.
Nettoyage et préparation de la surface
La première étape consiste à nettoyer et à préparer la surface en éliminant les parties friables et en dépoussiérant les fissures . Il est important d'utiliser des outils et des produits adaptés à la pierre pour ne pas l'endommager. Une brosse métallique peut être utilisée avec précaution pour éliminer les mousses et les lichens. L'utilisation d'un nettoyeur haute pression est déconseillée, car elle peut endommager la pierre.
Rejointoiement
Le rejointoiement consiste à remplacer le mortier endommagé par un nouveau mortier adapté à la pierre et à l'environnement. Il est important de choisir un mortier compatible avec la pierre et de respecter les techniques de rejointoiement traditionnelles. Un mortier à base de chaux est souvent recommandé pour les murs en pierre anciens , car il est plus souple et permet une meilleure évacuation de l'humidité. Le coût du rejointoiement varie entre 80 et 200 euros par mètre carré, en fonction du type de mortier utilisé et de la complexité des travaux.
Enduit de finition
Si nécessaire, un enduit de finition peut être appliqué pour protéger la pierre et uniformiser l'aspect du mur. Il est important de choisir un enduit perméable à la vapeur d'eau pour permettre à la pierre de respirer. Un enduit à la chaux est souvent utilisé pour les murs en pierre anciens , car il est plus respectueux de l'environnement et permet une meilleure régulation de l'humidité.
Réparations majeures (fissures structurelles)
Les fissures structurelles sont plus graves et peuvent mettre en danger la stabilité du bâtiment. Elles nécessitent des réparations plus importantes, telles que la reprise des fondations, la consolidation du mur ou la démolition et la reconstruction partielle du mur. Ces réparations majeures doivent être réalisées par des professionnels qualifiés et nécessitent un diagnostic précis et un suivi rigoureux des travaux.
Reprise des fondations
La reprise des fondations consiste à renforcer les fondations existantes pour stabiliser le bâtiment. Plusieurs techniques peuvent être utilisées, telles que l'injection de résine, la pose de micropieux ou la réalisation de travaux de sous-œuvre. Le choix de la technique dépend de la nature du sol et de l'état des fondations. La reprise des fondations est une opération coûteuse et complexe, mais elle peut être nécessaire pour assurer la pérennité du bâtiment.
Consolidation du mur
La consolidation du mur consiste à renforcer la structure du mur pour éviter l'aggravation des fissures . Plusieurs techniques peuvent être utilisées, telles que le remplacement des pierres endommagées, l'injection de coulis de consolidation, la pose d'agrafes ou de tirants métalliques et le chaînage du mur. La consolidation du mur permet de renforcer la structure et de prévenir l'effondrement du mur.
Démolition et reconstruction
Dans les cas les plus graves, il peut être nécessaire de démolir et de reconstruire une partie du mur. Cette solution est coûteuse et complexe, mais elle peut être nécessaire pour assurer la sécurité du bâtiment. La démolition et la reconstruction doivent être réalisées par des professionnels qualifiés et nécessitent un permis de construire.
Prévention : agir pour éviter la réapparition des fissures
Après avoir réparé les fissures , il est important de prendre des mesures préventives pour éviter leur réapparition. Ces mesures peuvent inclure la surveillance régulière des murs, l'entretien des murs, la maîtrise de l'humidité et l'adaptation du terrain environnant. La prévention des fissures est essentielle pour prolonger la durée de vie des murs en pierre .
Surveillance régulière
La surveillance régulière des murs permet de détecter rapidement l'apparition de nouvelles fissures ou l'aggravation des fissures existantes. Il est important de noter tous les changements et de faire appel à un professionnel si nécessaire. La surveillance des murs doit être effectuée au moins une fois par an, et plus fréquemment dans les zones à risque.
Entretien des murs
L'entretien régulier des murs permet de prolonger leur durée de vie et de prévenir l'apparition de fissures . Cet entretien peut inclure le nettoyage régulier des murs, l'application de traitements hydrofuges et la réparation des joints endommagés. L' entretien des murs doit être réalisé par des professionnels qualifiés et avec des produits adaptés.
Maîtrise de l'humidité
La maîtrise de l'humidité est essentielle pour prévenir la dégradation des murs en pierre . Il est important d'assurer un bon drainage autour du bâtiment, de réparer les fuites d'eau et de ventiler les pièces humides. L' humidité favorise le développement de mousses, de lichens et de moisissures, qui peuvent endommager la pierre.
Adaptation du terrain environnant
Il est important d'éviter les travaux de terrassement à proximité des murs et de s'assurer que le terrain environnant est stable. Les mouvements de terrain peuvent exercer une pression importante sur les murs et provoquer des fissures . La stabilisation du terrain peut être réalisée par des techniques de consolidation du sol, telles que l'injection de résine ou la pose de micropieux.